Blonde Redhead | Barragán

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Pour entrer dans certains disques, il suffit d’en trouver la porte d’accès. Encore faut-il en avoir l’envie et la patience. Et de la confiance en l’artiste concerné. Blonde Redhead, le trio new-yorkais, nous a habitué depuis longtemps à l’effort, à ne jamais se contenter d’une confortable reproduction de leur album précédent. Plutôt sa suite logique. Le climat vaporeux et minimal qui domine Barragán, dès son ouverture instrumentale, est bien le prolongement du glissement qui s’opérait sur la fin de Penny Sparkle, il y a quatre ans. Toujours est-il qu’à la première écoute on flotte d’un titre à l’autre jusqu’au septième morceau, en douce rupture avec le reste — un long titre hypnotique, avec une guitare obsédante d’Amedeo Pace et chanté par son jumeau batteur, Simone —, avant de se trouver enfin happé. Mais Mind to be had ouvre aussi la voie à ce rock intimiste et ouaté, légèrement élec­tronique, qui accompagnait la voix ­rêveuse de Kazu Makino auparavant.

L’écoute désormais acclimatée, éclairée, les autres chansons (Dripping, Penultimo, Cat on tin roof…) imposent progressivement la délicate évidence qui nous avait échappé jusque-là. Comme dans un puzzle en cours de réalisation, les pièces d’apparence monochrome révèlent leur subtil relief, trouvent leur place, indispensable, à la cohérence et à l’harmonie de l’ensemble. Vingt ans après, la magie Blonde Redhead (deux garçons, une fille, pas mal de possibilités…) opère toujours.

(Source : Hugo Cassavetti / Télérama)

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En concert : le 22 septembre à Paris (Trianon), le 2 octobre à Toulouse (Bikini) et le 3 à Lyon (Epicerie Moderne)

http://blonde-redhead.com/

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