Sade | Attaquer le Soleil

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Après « Crime et Châtiment » en 2010 et « L’Ange du Bizarre » en 2013, le Musée d’Orsay place une nouvelle fois les ténèbres au cœur de sa programmation, en inaugurant ces jours-ci l’exposition « Sade. Attaquer le soleil ». Noirs écrits et noir héritage que ceux du Divin Marquis dont l’œuvre a révolutionné l’histoire de la littérature comme celle des arts, de manière clandestine d’abord puis en devenant un véritable mythe.

Justine ou les malheurs de la vertu, Les Cent Vingt Journées de Sodome, La Philosophie dans le Boudoir…, au fil de ces pages licencieuses longtemps réservées à l’Enfer de la Bibliothèque nationale, Alphonse Donatien de Sade (1740-1814) débarrasse le regard de tous ses présupposés religieux, idéologiques, moraux, sociaux, allant plus loin que quiconque avant lui, mettant des mots sur tous ces crimes et vices que l’on ne voudrait voir.

A sa suite, les artistes (peintres, sculpteurs, graveurs, poètes, puis photographes) s’engouffrent dans la brèche ouverte par les textes de l’écrivain. La «liaison qu’il a mise en évidence entre le désir et la férocité, qui, à ses yeux, est inhérente à l’homme, hante complètement la peinture», explique Annie Le Brun, spécialiste de Sade et commissaire invitée de l’exposition. «L’influence plus ou moins occulte de Sade va aider les artistes à se dégager de ces modes de représentation traditionnels,» souligne t-elle.

En effet, il n’est plus question ici de passions mythologiques ou religieuses, dont les représentations avaient jusqu’alors inondé la production artistique. Avec Sade, l’homme, débarrassé de Dieu, devient entièrement responsable de ses actes. La descente au plus profond de l’âme humaine est insoutenable, terrifiante… Férocité, singularité du désir, infinie bestialité, violence amoureuse, athéisme et érotisation du monde, sont ainsi quelques uns des thèmes illustrés par les cinq cent œuvres de l’exposition. Un ensemble vertigineux et enivrant. « Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? » écrivait Charles Baudelaire…

Avec (entre autres) des oeuvres de : Francisco de Goya, Théodore Géricault, Alfred Kubin, Jean-Honoré Fragonard, Félicien Rops, Odilon Redon, Auguste Rodin, Gustave Moreau, Pablo Picasso, Hans Bellmer, Franz von Stuck, Pierre Molinier, Aubrey Beardsley, Man Ray, André Masson, Paul Cézanne, Victor Hugo, Johann Heinrich Füssli, Edvard Munch, Francis Bacon, Jacques Gautier d’Agoty…

N.B : Le caractère violent de certaines oeuvres et documents reproduits ici est susceptible de heurter la sensibilité du public.

 

Photos © Fanny G. & Javel / Roughdreams.fr

Aller plus loin :

LIRE / « Marquis de Sade, l’ange de l’ombre », de Gonzague Saint Bris (éditions Télémaque, 2013)

Autres sources documentaires en lien avec l’exposition : http://www.sade-musee-orsay.electre.com/

VOIR / L’exposition « Sade – Marquis de l’ombre, prince des Lumières »
Du 26 septembre 2014 au 18 janvier 2015
à l’Institut des Lettres et Manuscrits – Paris

L’exposition « L’Ombilic du rêve« , avec Félicien Rops, Max Klinger et Alfred Kubin, très présents dans l’exposition d’Orsay
jusqu’au 4 janvier 2015
au Centre Wallonie-Bruxelles – Paris

Sade. Attaquer le soleil
Jusqu’au 25 janvier 2015

au Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’honneur
75007 Paris

http://www.musee-orsay.fr/fr/

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