Restauration | L’Atelier du peintre

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© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)

Le Musée d’Orsay lance ces jours-ci une opération exceptionnelle de mécénat participatif pour aider au financement de la restauration du tableau L’Atelier du peintre (1854-1855)  de Gustave Courbet.

Chef d’oeuvre de 598 cm de long par 361 cm de haut, soit rien de moins que 22 m², le tableau monumental a été crée pour l’Exposition Universelle de 1855. Voyant sa toile rejetée par le comité de sélection, Courbet construisit à ses frais un « Pavillon du réalisme ». En marge de l’événement officiel, il y organisa sa propre exposition, dans laquelle figurait également Un enterrement à Ornans, afin que toute la société ait accès à son travail.

En 1920, l’Etat fit appel à la générosité des français, afin d’acquérir L’Atelier du peintre grâce à une souscription publique. Après avoir traversé plus d’un siècle d’histoire mouvementée, ce fleuron du patrimoine artistique présente aujourd’hui d’inquiétantes altérations  : soulèvements de la couche picturale, tensions menaçant la solidité du support, jaunissement des vernis, etc. Grand temps est venu d’agir.

Devant l’envergure du projet et après 18 mois d’études scientifiques ayant permis d’évaluer le montant de la restauration à 600 000€, le Musée d’Orsay a eu l’idée de proposer au plus grand nombre de devenir acteur – et spectateur – de l’opération. Acteurs d’abord car vous, nous, moi, pouvons tous contribuer à cette restauration, en versant des fonds sur la plateforme Ulule (à partir de 5€, soit 1,70€ après réduction d’impôts). Spectateurs ensuite, car la restauration sera visible – fait exceptionnel !, pendant les 12 mois estimés des travaux. Dans la salle même où le tableau siège habituellement, une gigantesque enceinte vitrée a en effet été bâtie autour de l’oeuvre, ce qui laisse le loisir aux visiteurs du musée de voir l’équipe d’experts travailler en direct sur le tableau.

Si vous participez, outre le sentiment d’avoir agi pour la sauvegarde de cette très belle oeuvre d’art, vous bénéficierez de nombreuses contreparties telles que des accès privilégiés au sein du musée, des rencontres avec les experts, des présentations de la restauration ou encore l’affichage de son nom sur le mur des donateurs à côté de l’oeuvre… Votre nom à Orsay, tentant, non ?

Photos © FG / Roughdreams.fr

A propos de l'oeuvre :

Titre : L’Atelier du peintre.

Sous-titre : Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale.

L’immense Atelier est sans doute la composition la plus mystérieuse de Courbet. Celui-ci donne malgré tout quelques clefs de lecture : « C’est le monde qui vient se faire peindre chez moi » précise-t-il, « à droite, tous les actionnaires, c’est à dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l’art. A gauche, l’autre monde de la vie triviale, le peuple la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort ».

Parmi les premiers, dans la partie de droite, on reconnaît en effet le profil barbu du mécène Alfred Bruyas et, derrière lui, de face, le philosophe Proudhon. Le critique Champfleury est assis sur un tabouret tandis que Baudelaire est en train de lire. Le couple du premier plan vient personnifier les amateurs d’art et, près de la fenêtre, deux amants représentent l’amour libre.

Du côté de la « vie triviale », on trouve, un prêtre, un marchand, un chasseur, qui pourrait avoir les traits de Napoléon III, ou encore un ouvrier inactif et une mendiante qui symbolisent la pauvreté. On remarque également la guitare, la dague et le chapeau qui avec le poseur masculin stigmatisent l’art académique.

Dans cette vaste allégorie, véritable tableau-manifeste, chaque figure représente donc une valeur distincte. Au milieu de tout cela, Courbet lui-même, accompagnée de figures bienveillantes : une femme-muse, nue comme la Vérité, un enfant et un chat. Au centre de tout, le peintre se pose comme médiateur. Courbet affirme ainsi la fonction sociale de l’artiste dans une vaste scène aux dimensions de la peinture d’histoire.

Comment participer à la restauration ?

En cliquant sur ce lien : http://fr.ulule.com/courbet/

ou directement au sein du Musée d’Orsay, grâce à la borne interactive placée dans la salle en face de l’oeuvre.

Remerciements particuliers aux équipes du Musée d’Orsay, d’Ulule et de Stories Out.

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