Caro / Jeunet à la Halle Saint-Pierre

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Situé à deux pas des lieux de tournages montmartrois du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, le Musée de la Halle Saint-Pierre accueille une grande exposition dédiée à l’univers anticonformiste des réalisateurs Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro.

Collaborateurs de longue date, les deux hommes ont ces trente dernières année mis leur foisonnant imaginaire au service de projets aussi illustres que Delicatessen, La Cité des Enfants Perdus ou encore les courts métrages Le Manège, L’Evasion, etc « Si singulier il y a, il me semble que l’association bicéphale que nous avons constituée avec Jean-Pierre Jeunet fut l’une des choses les plus singulières du paysage cinématographique français,» explique Marc Caro. « Deux cinéastes visuels qui renouent avec les origines du cinématographe…  Pour ma part, notre filiation revendiquée avec Meliès et l’art forain, trouve naturellement sa place à la Halle Saint Pierre qui a toujours su accueillir ceux qui marchent en dehors des clous… »

Voisin du musée qu’il fréquente régulièrement, Jean-Pierre Jeunet y a découvert au fil des années le travail d’artistes outsiders depuis entrés dans sa collection ou avec lesquels il collabora sur des films, à l’instar de Jephan de Villiers, Ronan-Jim Sevellec, Gilbert Peyre ou Charles Matton dont l’on retrouve des œuvres dans l’exposition. En parallèle à ces pièces très personnelles sont présentés pèle-mêle extraits de films, accessoires, costumes, photos de tournage et autres story-boards issus de leurs films respectifs. Immergé dans la pénombre des salles du musée, le visiteur déroule ainsi la trame de cet univers fantastique aux allures de conte noir. Il y a quelque chose d’émouvant à découvrir tous ces objets dans lesquels on a soi-même parfois placé une sorte de valeur sentimentale : les photomatons ou le nain de jardin d’Amélie Poulain, Irvin le cerveau de la Cité des enfants perdus, la prothèse de main articulée d’Un long dimanche de fiançailles… Une exposition qui ravira tant les amateurs d’art que les passionnés de cinéma.

Photos © FG / Roughdreams.fr

A propos de Marc Caro

Né en 1956 à Nantes, MARC CARO est un auteur de bandes dessinées qui a débuté dans la revue Metal Hurlant à la fin des années 70. Il publie également ses planches dans les magazines Fluide Glacial, Charlie Mensuel et L’Echo des Savanes). C’est aussi un musicien électronique (le groupe Parazite) et un cinéaste issu du cinéma d’animation et de la vidéo expérimentale. Il est connu pour avoir co-réalisé avec Jean-Pierre Jeunet (qu’il rencontre au Festival du Film d’animation d’Annecy en 1974) plusieurs courts-métrages, et les longs-métrages Delicatessen (1991, qui a obtenu de nombreux césars) et La Cité des enfants perdus (1995, présenté en ouverture du festival de Cannes).

Il a réalisé plusieurs courts métrages en solo (Rude Raid, 1985, La Concierge est dans l’escalier (1987)…), le long métrage Dante 01 (2008) ainsi qu’un documentaire sur les robots au Japon (Astroboy à Roboland, 2008).

On lui doit aussi affiches, musiques et décors pour les chorégraphes Régine Chopinot et Philippe Decouflé, ainsi que la direction artistique de nombreux films, parmi lesquels Alien Resurection (1997) de Jean-Pierre Jeunet, Blueberry (2004) de Jan Kounen, et Enter the Void (2009) de Gaspar Noé.

A propos de Jean-Pierre Jeunet

Jean-Pierre est né le 3 septembre 1953, à Roanne. Longtemps enfant unique, il développe très vite son propre univers et c’est la caméra Super 8 apportée un jour par un ami de ses parents qui lui montre une voie qui pourrait être la sienne. Véritable autodidacte, il commence par réaliser des films d’animation L’Evasion, Le Manège, avec des personnages sculptés par Marc Caro, puis Pas de Repos pour Billy Brakko d’après une BD du même Caro. Ces films de court métrage commencent à faire parler de lui et à glaner de multiples récompenses en France et à l’étranger. Ensemble, toujours, ils réalisent Le Bunker de La Dernière Rafale, court métrage culte de science-fiction, qui passera en première partie d’Eraserhead de David Lynch dans une salle parisienne durant six années. En 1989, il réalise seul Foutaises avec, déjà, son acteur fétiche Dominique Pinon, et gagnera une cinquantaine de prix dont le César du meilleur court métrage.

Le succès commercial et les nombreux prix de Delicatessen (1991) permettent à Jeunet & Caro de mettre en chantier un projet ambitieux : La Cité des Enfants perdus, une fable sombre, tellement innovante sur le plan technique qu’elle nécessite la création de nouveaux logiciels et une très longue préparation. Le film est superbe, infiniment poétique. Il est présenté en Ouverture du Festival de Cannes 1995. C’est ce film qui attire l’attention de la Fox qui décide de confier à Jean-Pierre Jeunet la réalisation du 4ème opus de la franchise « Alien Résurrection ».

A l’issue de son séjour hollywoodien, Jean-Pierre Jeunet a la nostalgie des pavés de Montmartre et surtout, après la « grosse machine » d’Alien, il a envie de réaliser un « petit film personnel avec des copains ». Depuis des années, il collectionne des bouts d’idées étonnantes et des fragments d’histoires qui le touchent. Tout prend forme lorsqu’il invente le dénominateur commun à ces histoires : une jeune femme timide mais imaginative et déterminée à enjoliver la vie des autres. Ainsi est née Amélie Poulain, héroïne d’un film qui rend heureux et donne envie d’aimer, car Jean-Pierre Jeunet réussit avec ce film ce qui est considéré comme l’exercice le plus périlleux du cinéma : filmer le bonheur. Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain est le plus grand succès en langue française dans le monde.

Le triomphe du film et l’osmose avec Audrey Tautou lui permet d’envisager un projet qui lui tient à cœur depuis 10 ans : Un Long Dimanche de Fiançailles, l’adaptation du roman de Sebastien Japrisot. Avec Audrey Tautou, Jean-Pierre Jeunet sait qu’il tient sa « Mathilde », jeune femme obstinée à la recherche de son fiancé dans les méandres de la Grande Guerre. Le succès est au rendez-vous, tant sur un plan critique que sur un plan commercial.

Le 28 octobre 2009, sortie du film Micmacs à Tire-Larigot, une fable humaniste où Dany Boon interprète un David luttant contre Goliath, en l’occurrence deux marchands d’armes.

En 2013, L’extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet avec Kyle Catlett et Héléna Bonham Carter est une adaptation du livre-objet de Reif Larsen. Cette adaptation a été écrite en collaboration avec Guillaume Laurant. Le film a été tourné en anglais au Canada, en 3D. La sortie en France le 16 octobre 2014 sera suivie par une sortie Européenne, puis américaine. Thomas Hardmeier a été récompensé du César de la photographie en 2015. Et le film remporte tous les prestigieux 3D society Awards.

En 2015 Jean-Pierre réalise un pilote de série intitulée Casanova avec Diego Luna, Bojana Novakovic, Miranda Richardson et Ben Daniels pour Amazon. Le film sera diffusé sur leur site à l’été 2015, et son chef opérateur Pierre Gill récompensé du prix américain ASC attribué à la photographie.

Jean-Pierre vient de réaliser avec Romain Segaud un court métrage d’animation, mettant en scène ses bestioles, bricolées avec des débris trouvés dans la nature, sur un texte de Jacques Prévert et intitulé Deux escargots s’en vont.

Jean-Pierre Jeunet est le cinéaste français le plus récompensé. Son tour de force est de parvenir à être considéré comme un véritable auteur tout en parvenant à toucher un public large.

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Caro/Jeunet

du 7 septembre 2017 au 31 juillet 2018

au Musée de la Halle Saint Pierre

2, rue Ronsard 75018 Paris

http://www.hallesaintpierre.org/

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